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Album
01 August 2010 - Team Horns Up
Spock's Beard
X
Tous les dix ans, un album de Spock's Beard tombe entre mes mains. Comme par hasard, cela fait justement dix années que V est sorti. Encore mieux, le nouvel album de Spock's Beard est sorti cet été et s'appelle... X. Par simple calcul mathématique - un peu savant je vous l'accorde - vous aurez compris que quatre albums sont sortis entre temps. Pourtant, cela faisait tout de même quatre ans que leur album éponyme avait vu le jour.
L'ancien groupe de Neal Morse n'en avait pas tout simplement pas les moyens. En effet, pour pouvoir enregistrer ce nouvel album, le groupe a calqué son approche marketing sur celle des précurseurs de Marillion qui vend ses albums exclusivement via son site internet et ne passe à aucun moment par une quelconque maison de disque. Spock's Beard a proposé des pré-commandes de son X avant même que celui-ci ne soit enregistré afin de supporter les couts de l'enregistrement. En échange, le groupe offrait une édition limitée à ses fans courageux avec une chanson bonus appelée « Their Names Escape Me » dans laquelle le nom de chacun des heureux donneurs est mentionné afin de leur rendre un fervent hommage.
La version « normale » n'offre pas cette chanson mais contient tout de même sept morceaux pour une heure et onze minutes de musique progressive avec deux titres qui dépassent facilement les quinze minutes. On reste dans du classique pour du Spock's Beard.
Sur V, J'avais été très étonné par l'humilité des compositions du groupe. Il y avait des titres très longs dont un de vingt sept minutes mais Spock's Beard ne tombait jamais dans le piège classique des formations progressives que sont les parties solos qui reviennent inexorablement et deviennent franchement redondantes. Au contraire, bien que très technique, le groupe ne sombrait jamais dans la démonstration technique veine.
Avec X, les choses sont dans le même ordre d'idée même si la tête pensante de l'époque Neal Morse n'est plus là (quoiqu'on le retrouve crédité d' « Emperor Clothes »avec son frère Alan). On avait l'habitude de voir Nick D'Virgilio mener la barque et pourtant sur cette album c'est la paire Dave Meros et John Boegehold (musicien de session sur cet album) qui a composé et écrit près de la moitié de l'album, le reste étant du en grande partie à Alan Morse, Nick n'intervenant que sur le titre le plus long « From The Darkness ». En comparant ces deux périodes, on se rend compte que la musique est plus démonstrative (Ecoutez un titre comme « The Emperor's Clothes »). Ce qui n'est pas un gros mot dans ma bouche surtout qu'on reste encore loin d'un Dream Theater ou d'un Symphony X à ce niveau. On reste dans de la partie solo technique mais qui reste cohérente avec chacun des morceaux. On ne shred pas à tout va comme les groupes précités savent si bien le faire. Spock's Beard joue toujours la carte du feeling avec un groove imparable une musique globalement positive. Si vous cherchez un groupe pour déprimer, Spock's Beard n'est pas pour vous. C'est plutôt le coté joyeux de groupes comme Dream Theater et Pain Of Salvation qui ressort. Cette comparaison n'est pas anodine même si elle n'a pas vraiment lieu d'être car Spock's Beard est une entité propre avançant toujours selon ses envies depuis 1992. Il faut juste comprendre que si vous aimez ces deux groupes bien plus réputés, il vous est impossible de passer à coté des Américains.
De tous les albums de Spock's Beard que j'ai écouté, et X ne déroge pas à la règle, j'ai trouvé une ambiance qui se rapproche de celle d'Images And Words de Dream Theater et c'est surement ce qui m'a conquis avec ce groupe. Le monde de Spock's Beard est beau, rempli de bons sentiments, presque naïf. En deux mot : un rêve. « The Emperor's Clothes » est le titre d'un conte pour enfants danois, par exemple, et ce coté un peu enfantin ressort musicalement ne serait ce qu'à cause de l'apparition des cuivres qui rendent ce titre féérique. Outre la musique, c'est aussi le chant innocent de Nick qui fait la différence sans oublier tous les jeux de voix entre les quatre vocalistes de cet album (Nick donc, Alan Morse, Dave Meros et John Boegehold) qui ne sont pas sans rappeler Pain Of Salvation. D'ailleurs, la fin de « Man Behind The Curtain » aurait pu figurer sur un album des Suédois tant les voix et la musique proposée colle avec la mentalité de Daniel Gildenlow.
Au delà de l'ambiance, cet album est vraiment mordant, pas plat pour un sou et séduit par son homogénéité. Tous les morceaux se valent en termes de qualité à l'exception d'un « Kamikaze », instrumental peut être un peu plus bateau et prévisible que le reste du disque, c'est aussi le titre le plus court de l'album. De toute façon, dès ma première écoute et les première secondes de « Edge Of The In-Between » et sa cascade de claviers, je savais que X collerait avec mes goûts et ce ne sont pas les « Emperor's Clothes », « From The Dakness » et autres « Jaws Of Heaven » (la tension de son final est proprement à tomber et ne pouvait conclure mieux ce X) qui m'ont fait changer d'avis.
J'ai reçu X assez tard dans l'année et je vais m'en mordre les doigts car à force de trainer, je suis passé à coté de la date parisienne du groupe. Forcément, quand on tombe sur un album de cette trempe, on a envie de transformer l'essai en live et je pense qu'avec la qualité et l'expérience de chacun des musiciens, le passage du cd à la scène doit se faire aisément. Dommage que je ne puisse confirmer mes dires. Ce que je peux vous confirmer, c'est que tout fan de Prog que vous soyez, ne passez pas à coté de cette sortie qui sera l'une des plus belles de cette année.
01. Edge Of the In-Between
02. Kamikaze
03. The Emperor's Clothes
04. From The Darkness
- l: The Darkness
- ll: Chance Meeting
- lll: On My Own
- lV: Start Over Again
05. The Quiet House
06. The Man Behind The Curtain
07. Jaws of Heaven
- l: Homesick For The Ashes
- ll: Words Of War
- lll: Deep In The Wondering
- lV: Whole Again