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Album
25 May 2018 - Team Horns Up
Spock's Beard
Noise Floor
S’attaquer à un album de Spock’s Beard, c’est s'attaquer à un monument du rock progressif. Membre de l’écurie Inside Out, on ne compte plus les titres qui font référence pour ce groupe. On ne citera que le double album Snow, oeuvre concept magistrale et émouvante. La formation a subi bien des revers : changements de personnel, moments creux, mais n’a jamais quitté le navire et ont gagné leurs jalons de vétérans. Alors en 2018, ils reviennent avec Noise Floor, treizième album d’une carrière qui continue d’évoluer. Pour la science, on expliquera que le “noise floor”, est un bruit de fond dans le domaine du traitement du signal sonore, pas dans celui de la classe avec Jean-Kevin et son clan qui bavardent au fond sans se soucier des merveilleux enseignements distillés par un professeur émérite...
La première remarque que l’on pourra faire en regardant le line-up, c’est l’apparition temporaire d’un batteur de renom et surtout ancien membre (batteur-chanteur) du groupe : Nick D’Virgilio. On peut presque parler d’un retour aux sources. Toutefois, il se tient au rôle de batteur, laissant à Ted Leonard son poste de chanteur principal. On pourra aussi gloser sur le format double cd puisque quatre titres se trouvent à part, dont l’énergique et excellent instru Armageddon Nervous. Evidemment, il y a une question de format mais on ne peut pas nier le fait que se retrouver sur le cd 2, ça fait un peu face B ou morceaux “en plus” et le simple geste de changer de galette rend l’écoute plus laborieuse. Enfin, qui écoute encore des cds ?
Ecouter Noise Floor, c’est un peu comme traverser un ruisseau en sautant de pierre en pierre. On voit l’endroit où l’on va, mais pas dans son entièreté, on ne sait pas vraiment où l’on met le pied. On commence un titre d’une manière puis on part loin. One So Wise atteint des sommets avec ses soli virtuoses et enlevés tout en ayant commencé de façon plus posée. Ils posent les graines au fur et à mesure, en faisant monter l’énergie avant de lâcher les chevaux. Le titre le plus long de l’album, Have We All Gone Crazy Yet? (bonne question !) est aussi représentatif de ce mouvement : des passages où l’on sent le bouillonnement des musiciens (gros passage de basse et crescendo des riffs de guitares) au milieu du titre avant de repartir sur le thème, un départ en acoustique avec clavier, caractéristique du prog. ça sent la maîtrise et le plaisir.
So This is Life est tout en classe, avec un petit feeling pop aérienne à la Air : chant modifié, tempo lent, choeurs mais toujours un petit côté prog très travaillé. Ce titre est à part sur l’album mais montre bien à quel point Spock’s Beard vont loin dans leur composition et bercent l’auditeur avec les ambiances qu’ils veulent créer. Mais à l’autre bout du spectre, Box of Spiders, première chanson instrumentale de Noise Floor, va ravir les oreilles des fans de prog version Metal. C’est tordu à souhait, avec de gros sons de claviers comme Okumoto sait les faire, ça grouille de soli éclairés, de structures éclatées en morceaux pour que l’auditeur y donne toute son attention. On y trouvera des accointances avec Dream Theater, bien sûr !
Si l’on revient sur le cas CD2, "Cutting Room Floor" ce que l’on pourra dire au bénéfice de ce procédé, c’est que le groupe a choisi avec soin les titres qui y figurent. On a l’impression d’un microcosme presque indépendant, une reproduction de la première partie en mini mais un tout petit peu moins percutante : ballade aérienne (Bulletproof), rock maitrisé (Vault) et instru explosive (Armageddon Nervous). On avait quand même la sensation que Beginnings, par ses paroles et ses mélodies, terminait l’album avec cohérence mais on va dire que c’est le deuxième effet Spock’s Beard !
Spock’s Beard a un petit côté déjanté qui plaît, il n’y a qu’à regarder le clip de To Breathe Another Day, titre qui avait annoncé l’album et mis les fans en émoi, et les gens accrochent tout de suite sur cette démonstration de bonne humeur communicative. Sûrement dans les gênes de la famille Morse et dans le tempérament de Ryo Okumoto. Cette personnalité si particulière les éloigne du côté romantique et parfois mélancolique du prog. Ici, on sent le rock, la pop, le Metal, et ça fait du bien ! Noise Floor est un album varié, qui ne lasse pas l’auditeur et qui fait honneur au talent des musiciens et de leur incroyable palette. Une vraie bonne galette avant l’été !
Tracklist:
Disc 1 – Noise Floor
1. To Breathe Another Day
2. What’s Become of Me
3. Somebody’s Home
4. Have We All Gone Crazy
5. So This Is Life
6. One So Wise
7. Box of Spiders
8. Beginnings
Disc 2 – Cutting Room Floor
1. Days We’ll Remember
2. Bulletproof
3. Vault
4. Armageddon Nervous