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Album
01 January 2008 - Team Horns Up
Medusa's Spell
The Last X Hours
Au début finalement, quand tu écoutes un skeud sorti de nulle part, le label, si il t’es inconnu, ne nous mentons pas, c’est assez secondaire. Tu le perçois comme une entité un peu abstraite qui signe au feeling certes, mais la première réaction n’est pas de s’intéresser à lui, mais plutôt de te concentrer sur ce que tu écoutes, les considérations trop mercantiles te passant finalement, voire complètement au dessus de la tronche.
Puis tu te chopes une autre sortie que t’aimes bien, du même style quoique forcément différente et tu te rends compte qu’elle vient de la même écurie que ton précédent coup de cœur.
C’est un peu ce qu’il s’est passé en ce qui concerne votre humble serviteur avec ce Medusa’s Spell, énigmatique s’il en est. Ayant écouté d’innombrables fois les parutions estampillées Cold Meat Industry, voilà que Medusa’s Spell est parvenu, à mon grand ravissement, jusqu’à mes esgourdes.
Peu de choses filtrent, le mystère reste entier et l’intérêt de l’album dont j’entends évoquer les qualités est prépondérant. Medusa’s Spell, c’est un duo Italien dont on ne sait, vous l’aurez compris, pas grand-chose si ce n’est qu’ils officient dans un registre atmosphérique, explorant au travers d’ambiances ténébreuses des thématiques fortes, en l’occurrence, les 10 dernières heures d’un condamné à mort.
Les trois-quarts d’heure de musique ambiante et ténébreuse de ce Last X Hours parvient avec grande pertinence à nous plonger dans la solitude d’un homme se sachant condamné, et ce n’était pas gagné d’avance.
Nul besoin de s’entourer d’un rythme précis, Medusa’s Spell mise avant tout sur les textes qui se répètent à l’infini, sur des méandres de guitares acoustiques, sur des ambiances à glacer le cœur. Medusa’s Spell ne néglige pas la poésie mais parvient, à mesure que ce déroule ce Last X Hours, à distiller habilement une ambiance aussi morbide que placide, sorte de violence résignée qui marche d’un pas serein vers la mort. L’imagerie est forte à l’instar des thèmes musicaux développés, et cette violence psychologique fait mouche au point que nous marchons avec Medusa’s Spell dans le couloir de la mort.
Une écoute inattentive négligera l’énorme travail effectué sur les ambiances, sur les sons subtils d’un verrou qui se ferme pour s’ouvrir une dernière fois vers l’abandon, en somme, voilà un album abouti et qui requiert plusieurs écoutes pour en saisir les nuances.
The Last X Hours est un album qui d’atmosphères rudes sait transiter vers des instants de sérénité, ou les mélodies douces et lancinantes semblent bercer la résignation du condamné. L’unité se dégage et invite l’auditeur à passer ses dernières minutes en compagnie du détenu et c’est là l’une des grandes forces de Medusa’s Spell, qui sait invoquer une atmosphère jusqu’à la rendre imagée à tel point qu’elle en devient vivante.
Si aucun morceau ne se démarque des autres, c’est ici une qualité, qui souligne davantage encore l’unité qui anime cet album troublant, sensible et nuancé, beau et triste à la fois, qui s’impose comme la meilleure des deux sorties de Medusa’s Spell qui est malheureusement aujourd’hui réduit au silence radio.
1. Prelude
2. Why Don't You Help Me ?
3. Black Hair
4. Seven Hours to Execution
5. Six Hours to Execution
6. Five Hours to Execution
7. Four Hours to Execution
8. Three Hours to Execution
9. Grazia Plena
10. Execution