Chroniques
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Album
01 December 2006 - Team Horns Up
Grand Belial's Key
Kosherat
D’aucuns choisissent la voie de l’attaque frontale dans le black metal, Grand Belial’s Key a quant à lui comme credo une autre vision du Blasphème consistant au dénigrement par la moquerie et la dérision. Ce groupe cultive depuis ses débuts le goût de la grande déconnade, s’amusant à humilier le prophète sur chacune de leur pochettes en lui peinturlurant la tronche façon corpse-paint; loisir auquel tout bon mécréant devrait s'adonner à ses dimanches matin perdus, la vie du christ en bande dessinée devant largement occuper les matinées hivernales et emplir les foyers de ricanements narquois. A défaut, les publications des condisciples de Michael Jackson feront l’affaire et vous permettront d’accueillir d’un œil nouveau l’arrivée de ces indécrottables prosélytes.
Côté musique par contre ça rigole tout de suite beaucoup moins : un métal épais et mid-tempo ( quelques accélérations bien senties agrémentent tout de même l’opus ) ayant ceci de particulier que les guitares sont traitées comme des basses : un son vrombissant, rond, presque chaleureux qui colle à merveille au passages de types ritournelles rock 'n roll et deviennent plus aiguës sur les accélérations black metal. La palette des sentiments est variée : tantôt enjoués, parfois sombres, tristes et nostalgiques les morceaux sont le plus souvent mélancoliques, parfois d’une beauté déchirante, ayant toujours un arrière goût de glauque. La voix agressive et méprisante du tout nouveau chanteur du groupe, parfois proche du borborygme inintelligible, rajoute une touche de malsain aux compostions, comme si le chanteur s’étranglait d’indignation devant le constat amer de l'existence la misérable et rampante humanité religieuse. La batterie est très catchy avec un son naturel d' où émerge un gros travail sur le charley, d’ailleurs très bien sonorisés alors qu’il est parfois inaudible sur certaines productions estampillées black. Le mid tempo n’est pas un problème dans le black quand l’homme derrière les fûts a du talent d'autant que le tempo appliqué convient parfaitement au groupe. Quelques samples de musiques et de chants religieux, une sorte de ballade folk jouée au synthé, ainsi que des choeurs sur le premier titre, apportent une touche ironique aux morceaux.
La spécificité de Kosherat est qu'il permet d'entendre des morceaux du groupe disséminés auparavant sur divers splits, Ep ou sur leur premiers effort; interprétés avec un nouveau chanteur qui, du fait de son décés dans les mois qui suivirent la sortie de l'abum, mis un terme précipité au groupe ... mais, ma foi, quel appréciable chant du signe.
1.The Bearded Hustlers
2.The Red Heifer
3.Son of the Black Ram
4.On a Mule Rides the Swindler
5.Hobo of Aramaic Tongues
6.The Tricifixion of Swine
7.Immaculate Latrine
8.Vultures of Misfortune
9.Kingdom of Poisoned Fruits
10.Holy Shit ( Reprise de Chaos88 )
11.Doom Generation ( Reprise de Chaos88 )