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Horns Up Album

24 May 2013 - Team Horns Up

Anton Johansson's Galahad Suite

Anton Johansson's Galahad Suite

Label Lion Music
Style Heavy/Power progressif
Sortie
La note de
Team Horns Up
8.5/10

Il arrive de faire par hasard une découverte exceptionnelle. Cet album, sorti en mai 2013 en version digitale chez Lion Music, puis édité indépendamment en format physique quelques mois plus tard, est hélas passé complètement inaperçu aux yeux du public Rock et Metal, noyé dans la masse, et ce malgré des critiques unanimement positives. Il est temps de réparer cette erreur en donnant à ce « Galahad Suite » la chance qu'il mérite.

C'est une œuvre ambitieuse que renferme ce digipak à l'artwork parcheminé, tout en sobriété. Un projet mûri de longue date par son géniteur Anton Johansson, puisqu'il aura fallu à ce dernier pas moins d'une trentaine d'années (!) pour le concrétiser. L'objectif auquel il a travaillé avec acharnement entre 2007 et 2013 : peindre une fresque musicale contant l'épopée de Galahad, lancé à la recherche du Graal.
Au total, 17 musiciens ont participé à l'enregistrement, parmi lesquels plusieurs invités de marque tels que Mattias IA Eklundh (Freak Kitchen...), Magnus Karlsson (Primal Fear...) ou encore Jens Johansson (Stratovarius...), ainsi que la plupart des membres du groupe Mister Kite, dont a fait partie Anton Johansson entre 1999 et 2005. Dès lors, que doit-on penser de cet impressionnant déploiement de ressources humaines et matérielles lorsque l'on sait que la pièce dure seulement 45 minutes et qu'elle ne saurait connaître de prolongement ? Le jeu en valait-il la chandelle ?

Un prologue, trois actes, un épilogue. Les dix morceaux sont autant de tableaux : chacun d'entre eux illustre un moment à l'ambiance particulière et représente une étape nécessaire de la quête de Galahad. La musique allie magistralement l'efficacité du Heavy Metal à la complexité du Rock progressif, tout en ménageant régulièrement l'accès à des espaces sonores plus ouverts, via des arrangements symphoniques (avec la doublette « The Hope »/« The Man ») et des passages acoustiques introspectifs (le duo guitare acoustique/violoncelle sur « The Peace », par exemple). Cerise sur le gâteau, certains refrains mémorables (celui de « The Quest », pour n'en citer qu'un) viennent agrémenter l'ensemble.

Avec « The End », neuvième titre de l'album qui fait office de dénouement, l'auditeur assiste d'abord à la résurgence de motifs signifiants entendus précédemment (des lignes de chant déjà présentes sur « The Victory » et « The Reward »). La seconde moitié conclusive du morceau met quant à elle en avant un solo de guitare émouvant. On imagine alors Galahad disparaître dans la lumière.
C'est pourquoi l'épilogue, la dixième et dernière piste, surprend. Elle marque le retour de la musique du prologue, enrichie de nouvelles paroles, et met un terme à l'album d'une façon étonnante, en rappelant à la guitare acoustique les accords du final de « The End », sans pour autant trouver de repos cette fois. Le périple est certes terminé, mais cette touche mélancolique qui clôt l'album pose question à l'auditeur, et laisse libre son interprétation.

Par ailleurs, l'exécution est exemplaire (même si le jeu de batterie manque légèrement de professionnalisme par moments, notamment sur « The End »). Avec autant d'instrumentistes (et autant d'egos) à diriger en studio, on pourrait légitimement s'attendre à ce que le résultat des sessions soit hétérogène. Pourtant, la réussite est totale, et malgré cette immense prise de risque (récompensée), « Galahad Suite » s'avère en définitive une œuvre unique et cohérente de bout en bout. Anton Johansson, non content d'être un artiste talentueux, est également doué en matière de logistique. Mention spéciale à la virtuosité des claviéristes qui confère cette couleur « prog » originale à l'album, ainsi qu'à la performance vocale impeccable de Carl Lindquist, dont le souffle donne admirablement vie au récit. La production, enfin, présente le tout sous son meilleur jour. En effet, le rendu sonore est à la fois dense, équilibré et dynamique. Pas un nuage à l'horizon.

Un point maintenant sur le concept de l'album, dont la puissance émotionnelle rayonne de manière spectaculaire à travers ces dix morceaux. Il me semble que le texte est plutôt centré sur le personnage Galahad que sur l'objet Graal, et donc a fortiori sur le parcours initiatique que représente symboliquement la quête du ce dernier pour le chevalier ; lequel va devoir mettre à rude épreuve sa force physique et mentale au contact du monde extérieur. Certes, il est vrai qu'à la lecture des paroles, l'enchaînement des différentes aventures de Galahad m'a paru difficile à saisir, mais je pense que les spécialistes de la légende arthurienne parmi vous devraient mieux comprendre que moi les références employées. Au cours de ses périlleux voyages, Galahad passera du statut de jeune garçon à celui d'homme accompli, en fréquentant ses semblables et en se rapprochant ainsi du divin. Voilà l'essentiel à retenir de cette quête spirituelle savamment narrée par Anton Johansson.

Difficile de retranscrire avec les mots ce qui constitue l'excellence de ce « Galahad Suite ». Il est à recommander à tous les auditeurs désireux de concentrer leur attention sur des albums musicalement achevés, à l'heure où se multiplient les sorties sans âme et bâclées. Ce disque ravira à coup sûr les amateurs de Metal travaillé aux accents prog, et tout simplement les amoureux de la musique de qualité. Une gemme rare et de grande valeur.

 


Tracklist :

Prologue :
1 - Galahad - The Hope

Act I :
2 - Somewhere - The Quest
3 - Happy - The Incident
4 - Hunted - The Decision

Act II :
5 - Morning Sun - The Battle
6 - Loneliness - The Peace
7 - Never Alone - The Victory

Act III :
8 - Coming Home - The Reward
9 - Vision Divine - The End

Epilogue :
10 - Galahad - The Man